lundi, 16 juin 2008

Gueule de bois européenne après le non irlandais...

a43e6e6a83d53faa0d60268a89cbd995.jpgCe n’est pas un excès de Guinness qui donne des maux de têtes à l’Europe en ce début de semaine, mais plutôt la réponse donnée par les Irlandais au référendum sur le traité de Lisbonne. Le « NO » l’a emporté. Et ce « no », donné par une population qui constitue moins d’1% de la population totale européenne, est en passe d’être le soucis n°1 des dirigeants européens. Malheureusement, le traité de Nice étant toujours en place, la totalité des pays membres doit ratifier le traité afin que ce dernier entre en vigueur.

 

Alors quelles solutions envisager ?

-         Comme lors du rejet du traité de Nice en 2001, les Irlandais pourraient être amenés à revoter un texte spécialement aménagé pour eux. Certes, cela donnerait une vague impression de forcer la main de citoyens qui se sont prononcés de manière démocratique, mais en même temps, un seul pays est-il en droit d’empêcher 26 autres nations d’avancer ?

-         Garder le traité de Nice ? la solution paraît difficilement envisageable, dans la mesure où ce traité fut élaboré pour un fonctionnement de l’Europe à 15 et non à 27. C’est d’ailleurs de ce traité qu’est issu l’obligation de faire adopter les textes à l’unanimité et qui bloque à l’heure actuelle l’Union, suite à la réponse des Irlandais.

-         Un nouveau traité issu du traité de Lisbonne ?  Sachant que le traité de Lisbonne est né de tractations sur le Traité Constitutionnel Européen rejeté en 2005 par la France et les Pays Bas, de nouvelles négociations seraient longues et fastidieuses. Ce n’est pas dans l’intérêt de la construction européenne qui nécessite rapidement une impulsion nouvelle.

-         L’Irlande en dehors de l’Union ? Se retirer de l’union est uniquement possible avec le Traité de Lisbonne, que l’Irlande vient de rejeter ! En revanche, les spécialistes estiment possible un retrait du pays des politiques autres que le marché commun et la monnaie unique. Une sorte de fonctionnement en marge…

 

Cet événement confirme l’évidence : certains européens restent dans l’incompréhension quant au véritable intérêt de l’Europe, allant jusqu’à rejeter celle-ci. Comme l’a souligné Nicolas Sarkozy, il apparaît comme une urgence de repenser notre manière de faire l’Europe, afin que les administrés européens se montrent convaincus, aussi bien que leurs dirigeants politiques les plus européistes, du bien-fondé de cette démarche. Mais d’ici là, l’euro-scepticisme a encore de beaux jours devant lui.

 

Alexandre